Le stockage humide des chablis.
Le stockage humide mis en oeuvre en Alsace suite à l'ouragan
du 26 décembre 1999 porte sur un volume prévisionnel de 550 000 m3 de
grumes. Sa mise en oeuvre, par les professionnels alsaciens de la filière
forêt-bois, vise à limiter la perte économique subie par les sylviculteurs
et à réguler l'approvisionnement des industries de première
transformation.
Sans ce travail de concertation, les importants volumes de bois en grume
(jusqu'à 3 années de récolte annuelle suivant les essences) disponibles
auraient eu pour conséquence de déstabiliser l'économie
de ce secteur (l'offre étant largement supérieure à
la demande).
Une aide au stockage de ces bois - sous forme de subventions et/ou de
prêts bonifiés - a été mis en place par l'État en concertation
avec les collectivités locales alsaciennes. Ce stockage a mobilisé toutes
les énergies de la filière. Les professionnels (communes forestières,
O.N.F., scieurs, exploitants forestiers) assurent la maîtrise d'oeuvre
des sites de stockage.
La cellule de crise mise en place par le préfet de Région, au lendemain
de la tempête, a confié à l'Interprofession FIBois Alsace une mission
d'appui et de coordination du dispositif.
Un arrosage en continu.
La solution technique retenue est celle du stockage humide
par aspersion.
La présence continuelle d'eau empêche tout développement de champignons
pathogènes. L'eau est pompée soit dans un cours d'eau, soit directement
dans la nappe puis pulvérisée sur les piles de bois. Elle s'écoule ensuite
par des fossés jusqu'à un bassin de décantation à partir duquel elle
est restituée au milieu naturel. Une surveillance quotidienne est nécessaire
pour pallier à tout disfonctionnement.
Un impact maîtrisé sur l'environnement.
Le bois est lessivé durant les premiers temps de son aspersion.
L'eau drainée est régulièrement analysée par une
société privée (I.R.H. Environnement).
Ainsi, on peut constater que les résultats des analyses effectuées
sur les aires de stockage de plus de 10 000 m3 sont toutes largement
conformes aux valeurs admises. Ce moyen de stockage mis en place par
la filière, dans une totale transparence, fera l'objet d'un bilan
rigoureux en fin de campagne.
Source Fibois
Vincent Taillemite, Ingénieur ESB
