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Ce dossier traite de divers aspects technique sdu matériau Bois. Utilisez le sommaire ci dessous pour naviguer entre les différents articles, cliquez sur les 3 sapins pour revenir au sommaire. Bonne découverte !

Aspects techniques - variations dimensionnelles du bois - ressuyage/séchage des résineux - sylviculture et bois juvénile - sylviculture et morphologie des arbres - branchaison des arbres - densité et rigidité du bois - propriétés mécaniques du bois - traitement "à coeur" du bois - le savez-vous?

 

Matériau: aspects techniques.

Les critères de commande.

Dimensions à section (= épaisseur x largeur) et longueur: standardisées selon EN 1313 ou sur liste selon l’usage souhaité.

Quantité à nombre.

Essence à sapin pectiné, épicéa commun, pin sylvestre, douglas, etc.

Qualité à définitions d’aspect (cf. NF EN 1611 "classement d'aspect" - méthode visuelle: classes de choix 0, 1, 2, 3, 4).

Attribut de qualité à charpente choisie, charpente industrielle.

Mode de débit à sur quartier, coeur découvert, coeur enfermé.

Prestation à exploitation hors-sève, rabotage et/ou profilage, ressuyage et/ou séchage, taillage, traitement, transport.

Remarque: les unités employées sont le m ou ml, le m2, le m3, la pièce.

Les critères d'emploi.

Un critère d’emploi résulte d’un attribut de qualité et d’un mode de débit.

Les critères de commercialisation.

Qualité à définitions mécaniques (cf. NF B 52-001 "classement de structure - méthode visuelle: classes visuelles ST-I, ST-II, ST-III; EN 519 "classement de structure - méthode par machine: classes de résistance C40, C35, C30, C24, C18).

DPMC (Directive Produits et Matériaux de Construction) à marquage CE de conformité aux exigences essentielles: résistance mécanique et stabilité, sécurité en cas d’incendie, hygiène, santé et environnement, sécurité d’utilisation, protection contre le bruit, économie d’énergie et isolation thermique.

La normalisation d'emploi.

Domaine réglementaire.

Les Documents Techniques Unifiés (DTU) constituent la référence technique et matière de conception, de calcul de mise en oeuvre des techniques traditionnelles du bâtiment. Ils servent notamment de référence aux experts des assurances et des tribunaux.

Les DTU comprennent:

·     des Cahiers de Clauses Techniques (CCT) qui indiquent les conditions techniques à respecter pour le choix et la mise en oeuvre de matériaux;

·     des Cahiers des Clauses Spéciales (CCS) qui définissent les clauses technico-administratives, telles que les limites normales des prestations et les obligations vis-à-vis des autres corps d’état;

·     des règles de calcul qui permettent de définir les caractéristiques et les dimensionnements des ouvrages et des équipements, en fonction des conditions d’exploitation, ou des sites de construction. Elles s’appliquent aux domaines les plus divers (aluminium, béton, cheminées, comportement des constructions au feu, fondations superficielles, effets de la neige et du vent, plomberie, sécurité des constructions, séismes, thermie).

Depuis 1990, dans le cadre de l’harmonisation européenne, les DTU deviennent progressivement les normes-DTU.

Les principaux DTU "bois" sont:

·     DTU 31.1 ²Constructions en bois² - charpentes et escaliers (cf. NF P 21-203);

·     DTU 31.2 ²Constructions en bois² - maisons et bâtiments à ossature en bois (cf. NF P 21-204);

·     DTU 31.3 ²Constructions en bois² - charpentes assemblées par connecteurs métalliques, ou goussets (cf. NF P 21-205);

·     DTU 41.2 ²Bardages² - revêtements extérieurs en bois (cf. NF P 65-210);

·     DTU 43.4 ²Étanchéité des toitures² - toitures en éléments porteurs en bois et panneaux dérivés du bois avec revêtement d’étanchéité (cf. NF P 84-207);

·     DTU 51.3 ²Parquets² - planchers en bois, ou en panneaux dérivés du bois (cf. NF P 63-203).

Les principales règles de calcul technique "bois" sont:

·     CB 71 (juin 1984) "Charpentes en bois" – réalisations suivant la méthode des états limites (cf. DTU P 21-701);

·     BF 88 (février 1988) "Feu" – méthode de justification de la résistance au feu des structures en bois (cf. DTU P 92-703);

·     N 84 modifiées 1995 (septembre 1996) "Neige et vent" – action de la neige sur les constructions (cf. DTU P 06-006);

·     NV 65 "Neige et vent" (?) – effets de la neige et du vent sur les constructions et annexes (cf. DTU P 06-002);

·     PS 92 (décembre 1995) "Séismes" – bâtiments parasismiques (NF P 06-013);

·     PS-MI 89 révisées 1992 (mars 1995) "Séismes" – maisons individuelles et bâtiments assimilés parasismiques (NF P 06-014);

·     Th-K (février 1997) "Thermique" – caractéristiques thermiques utiles des parois de construction (cf. DTU P 50-702).

·     DE 89/106 (?) ²Produits de construction² - marquage CE et contrôle 2+;

·     Eurocode 5 (?) ²Bois de structure² - règles aux états limites.

Domaine normatif.

Les principales normes "bois" sont:

·     EN 335-2 ²Traitement des bois² - classes de risque d’attaque biologique;

·     EN 338 ²Bois de structure² - classes de résistance;

·     EN 384 ²Bois de structure² - détermination des valeurs caractéristiques des propriétés mécaniques et de la masse volumique;

·     EN 408 ²Structures en bois massif et lamellé-collé² - détermination de certaines propriétés physiques et mécaniques;

·     EN 518 ²Bois de structure² - classement visuel de résistance;

·     EN 844-1 à 11 (mai 1995/juillet 1998) ²Bois ronds et bois sciés² - terminologie;

·     EN 1309 ²Bois sciés résineux² - mesurage des dimensions;

·     EN 1310 (juin 1997) ²Bois ronds et bois sciés résineux² - mesurage des singularités;

·     EN 1311 (juin 1997) ²Bois sciés résineux² - mesurage des altérations biologiques;

·     EN 1312 ²Bois sciés résineux² - détermination du volume d’un lot de sciages;

·     EN 1313-4 ²Bois sciés résineux² - écarts admissibles et dimensions préférentielles;

·     prEN 1318-3 ²Bois ronds et bois sciés² - mesurage de la teneur en humidité;

·     EN 1611-1 (octobre 1999) ²Bois sciés résineux² - classement d’aspect;

·     prEN 1912 ²Bois de structure² - affectation des classes visuelles et des essences aux classes de résistance;

·     prP 21-390 ²Bois de structure et produits à base de bois² - classes de résistance et contraintes admissibles associées;

·     NF B 51-001 ²Bois ronds et bois sciés² - caractéristiques technologiques et chimiques;

·     NF B 51-002 ²Bois ronds et bois sciés² - caractéristiques physiques et mécaniques;

·     NF B 52-001 (décembre 1998) ²Utilisation du bois dans les constructions² - classement visuel pour l’emploi en structure des principales essences;

·     NF B 53-020 ²Bois ronds et assimilés² - cubage;

·     NF B 53-300 ²Bois ronds et assimilés² - classement;

·     NF B 53-520 ²Bois sciés résineux² - classement d’aspect (cf. EN 1611-1).

Les normes sont perfectibles, mais correspondent à un compromis accepté par tous.

(source CSTB, NOV 99)

Les documents généraux d'avis techniques.

Les documents généraux d’Avis Techniques (AT) - Cahiers des Prescriptions Techniques communes, Règles Techniques communes, Guide Techniques - correspondent aux règles d’exécution et de mise en oeuvre applicables à des ouvrages, ou parties d’ouvrages, réalisés avec des produits, systèmes, ou équipements non traditionnels, rendus par des commissions interprofessionnelles d’experts.

Les AT sont classés en Groupes Spécialisés (GS):

·     GS 01 "Préfabrication lourde";

·     GS 02 "Constructions, façades et cloisons légères";

·     GS 03 "Structures, planchers et autres composants structuraux";

·     GS 05 "Toitures, couverture, étanchéité";

·     GS 06 "Composants de baie, vitrages";

·     GS 07 "Produits et systèmes d’étanchéité et d’isolation complémentaire de parois verticales";

·     GS 12 "Revêtement de sols et produits connexes".

 

Matériau: variations dimensionnelles du bois.

Les phénomènes de retrait ou de gonflement qui interviennent en dessous de 30% d'humidité du bois, entraînent des variations dimensionnelles qui peuvent être importantes.

Les caractéristiques des cellules du bois juvénile font que le retrait axial est:

· plus important dans celui-ci que dans le bois adulte où il est négligeable;

· de plus en plus faible de la moelle à l’écorce.

L'acheteur non averti par cette caractéristique originelle du bois, s'expose à des déconvenues, s'il ne tient pas compte d'un certain jeu - notamment au niveau des assemblages - nécessaire pour absorber les variations pouvant intervenir en service.

Les non-connaissance de ces propriétés réduit la crédibilité et les applications de ce matériau performant.

(source INRA Champenoux, 1990)

 

Matériau: ressuyage/séchage des résineux.

Bien qu’aucune étude approfondie sur le séchage à l’air des résineux n’existe à ce jour, le ressuyage est pratiqué dans les scieries pour 50% des sciages en pin et pour 10% des sciages en sapin-épicéa.

En matière de prix aucune mercuriale n’a jamais été publiée, faisant état selon les essences, les débits, les humidités finales des tarifs de vente possibles de cette prestation. Quoiqu’il en soit, en tenant compte d’une surcôte d’environ 8% de matière bois et des produits à déclasser suite aux altérations naturelles dues au séchage, le surcoût du produit fini est de l’ordre de 25%.

(source Le Bois National, AOUT 97)

 

Matériau: sylviculture et bois juvénile.

Inéluctablement, un raccourcissement des révolutions provoquerait une augmentation de la proportion de bois juvénile dans les grumes produites. Le seul véritable danger de cette réalité serait d’ignorer le phénomène.

Le bois et le liber secondaire sont constitués par des cellules toutes formées par une même assise génératrice annulaire : le cambium (du latin ²cambiere² qui veut dire changer). Ainsi, le long d’un rayon, toutes les cellules de bois sont fabriquées par une même cellule cambiale.

Le bois juvénile - contraction abusive de « bois formé par un cambium juvénile » - est le bois des premiers cernes en partant de la moelle. Le passage du bois juvénile au bois adulte se fait progressivement et, donc, le choix d’un seuil ne peut correspondre à une réalité biologique (par exemple: le temps nécessaire à la disparition des caractéristiques juvéniles du bois de douglas est de l’ordre de 20 ans).

La sylviculture intensive - qui cherche à augmenter les vitesses de croissance individuelles afin d’obtenir plus rapidement des grumes de dimensions données - est la plupart du temps motivée par la volonté de raccourcir les délais de production, afin d’améliorer la rentabilité du placement forestier. Ainsi, la sylviculture pratiquée et la fertilité de la station peuvent faire varier dans une assez large mesure la proportion de bois juvénile dans les grumes. A diamètres égaux, les arbres dont la croissance a été la plus rapide durant les années qui précédent le passage au bois adulte seront ceux comportant la plus forte proportion de bois juvénile; l’impact à l’usage de cette caractéristique n’est pas encore clairement apprécié.

Cependant, chez les résineux, le bois juvénile se différencie par:

· des cernes qui ne possèdent pas ou peu de bois final;

· une densité plus faible qu’à la périphérie du tronc (par exemple: de l’ordre de 20% pour le douglas) du fait de la quasi-absence de cellules écrasées aux parois épaisses;

· une longueur des trachéides, autre nom des cellules de bois résineux, qui augmente du bois juvénile vers le bois adulte (par exemple: de 1,5mm jusqu’à 4mm chez le douglas);

· un retrait axial beaucoup plus important que dans le bois adulte où il est négligeable;

· des propriétés mécaniques inférieures à celles du bois adulte, dans une mesure que la différence de densité seule n’explique pas;

· un bois de compression plus fréquent que dans la zone finale, particulièrement chez les arbres à très forte croissance.

Remarque: ordinairement chez les résineux, la largeur des cernes atteint un maximum entre le 5ième et le 10ième cerne (en partant de la moelle) et décroît ensuite.

Ainsi, d’un point de vue technique, si une sylviculture intensive sur un site de qualité présente un risque, celui-ci est lié à l’âge d’exploitation de l’arbre plutôt qu’à la vitesse de croissance de ce dernier.

Autrement dit, la vitesse de croissance n’influence la proportion de bois juvénile que si les dimensions de l’arbre, plutôt que son âge, sont les conditions de son exploitation; des vitesses de croissance différentes conservent les proportions.

Ceci a toute son importance dans la perspective d’une utilisation en structure, qui nécessite un maximum de bois duraminisé (par exemple: un cerne de douglas prend de 15 à 20 ans pour se duraminiser. En partant de l’écorce, le bois de coeur apparaît donc entre le 15e et le 20e cerne).

Selon certains, la formation du bois juvénile est attribuée à la forte production d’hormones des branches qui conditionne le mode de fonctionnement du cambium. Une solution s’impose alors: supprimer les branches vivantes sur les parties commercialement intéressantes du tronc. Si l’élagage semble accélérer le passage du bois juvénile au bois adulte, en tout état de cause, il ne permet pas de faire disparaître le bois juvénile. Selon d’autres, le passage du bois juvénile au bois adulte est principalement lié au vieillissement physiologique du cambium. Ici encore, une solution s’impose naturellement: s’il n’est pas possible d’accélérer la transition ²juvénile-adulte², il faut contenir le développement du bois juvénile pour en réduire la proportion dans le produit final. Pratiquement, il s’agit de maintenir les peuplements fermés pendant les 20 premières années, puis d’éclaircir vigoureusement; mais le comportement social des espèces (dominance précoce des individus susceptibles de constituer le peuplement final) rend difficile le bridage de la croissance juvénile et l’accroissement en volume (à croissance radiale identique pour 2 individus de diamètres différents) proportionnel au rayon favorise les arbres les plus gros pour des raisons de productivité.

(source, Centre Luxembourgeois de l’ULB, 1996)

 

Matériau: sylviculture et morphologie des arbres.

Lorsque les densités de plantation diminuent, la morphologie des arbres s’en trouve modifiée, ils deviennent plus coniques et présentent un houppier vert plus développé.

(source INRA Nancy, 1996)

 

Matériau: branchaison des arbres.

Les caractéristiques principales de branchaison des arbres (diamètre, nombre et répartition verticale le long du tronc) sont importantes parce qu’elles produisent des noeuds qui se retrouvent dans les produits réalisés à partir de la grume.

À caractéristiques dendrométriques identiques, le douglas produit des branches qui ont un diamètre plus important que l’épicéa commun, à l’exception de la cime où les valeurs sont similaires. En utilisant les mêmes modèles, l’arbre qui a le diamètre le plus important a les branches les plus grosses, mais le diamètre moyen des branches de la bille de pied sont semblables pour tous les arbres.

(source INRA Nancy, 1996)

 

Matériau: densité et rigidité du bois.

De façon générale la masse volumique (aussi appelée densité ou MV) du bois des résineux diminue lorsque la largeur des cernes augmente. Pour un cerne donné, elle dépend de sa largeur et de son âge par rapport à la moelle et plus précisément de la proportion de bois initial (1) - ce dernier ayant une masse volumique faible.

(1) Dans un cerne de croissance annuelle, le bois initial (aussi appelé bois de printemps) se forme au début de la saison de végétation; il est ensuite relayé par le bois final (aussi appelé bois d’été), la partie sombre du cerne.

La rigidité permet d’apprécier la résistance à la déformation par flexion des poutres utilisées en structure. Pour de multiples raisons (économiques, esthétiques, etc...) Les maîtres d’oeuvre rechercheront le matériau le plus léger et le plus résistant possible; ce compromis est défini par un ratio de performance, rapport entre la mesure de la rigidité (aussi appelé module d’élasticité longitudinale ou MOE) et la masse volumique, réalisé selon la norme NF B 52-016.

 

Essence 
MOE
(Mpa)
MV
(kg/m3)
MOE/MV
Mélèze
11060
553
20
Sapin pectiné
10821
462
23
Epicéa commun
11703
447
26
Pin sylvestre
12014
507
24
Douglas
14584
583
25
       
Chêne
13593
695
20

Remarques:

· les bois dont l’indice de performance est faible (exemple du mélèze et du chêne) peuvent être utilisés, mais doivent être dimensionnés en conséquence;

· les matériaux sont généralement utilisés en phase élastique, ie très en deçà du module de rupture (MOR), autre coefficient pris en compte dans le calcul des structures.

(source INRA Nancy, 1996)

 

Matériau: propriétés mécaniques du bois.

Depuis de longues années, certains laboratoires spécialisés ont procédé à des essais aussi variés que nombreux, dont les résultats ont permis de décanter un certain nombre de renseignements qui constituent à ce jour la base des règles d’utilisation courantes du bois.

Il est évident que les coefficients de sécurité appliqués aux charges de rupture doivent tenir compte de tous les facteurs qui peuvent avoir une influence sur la résistance aux différentes sollicitations.

La résistance à la traction est la nature d’effort à laquelle le bois résiste le mieux; elle est réduite par la présence de noeuds et par la direction de l’effort par rapport à celle des fibres. Les valeurs les plus faibles se situent aux environs de 500kg/cm2 pour le sapin, alors que les valeurs maximums sont de l’ordre de 1.200kg/cm2 pour le hêtre. Pour une déviation de 15° la résistance diminue de 55%, pour 30° il ne reste plus que 25%, et pour 60° elle chute à 15% de sa valeur initiale. Pour des efforts perpendiculaires à la direction des fibres la charge de rupture moyenne est de 125kg/cm2 pour les résineux et de 150kg/cm2 pour les feuillus.

En ce qui concerne la résistance à la compression du bois, les expériences ont démontré que sa valeur moyenne se situe à la moitié de celle de l’extension. Par contre, la dispersion des charges de rupture est de beaucoup moindre i.e. de l’ordre de 250kg/cm2 pour le pin, 400kg/cm2 pour le hêtre, et 500kg/cm2 pour le mélèze. Contrairement à la résistance à l’extension, celle de la compression dépend beaucoup plus du degré d’humidité du bois; à 16% d’humidité cette dernière est de 50% plus faible qu’à l’état parfaitement sec, pour 40% d’humidité on est à 30% du maximum. Ici aussi la direction de l’effort par rapport au fil du bois a son importance.

Quant à la résistance au cisaillement, elle est évaluée à 10% de celle à la compression. En ce qui concerne la direction de l’effort par rapport à celle des fibres, c’est lorsque ces deux sont parallèles que la résistance est la plus faible; les valeurs extrêmes mesurées sont comprises entre 23% de la résistance mesurée pour un effort perpendiculaire aux sens des fibres (sapin) et 30% (pin).

Les valeurs pratiques de contraintes admissibles utilisées pour le bois de construction sont les suivantes:

· extension parallèle aux fibres (90kg/cm2 pour les résineux, 105kg/cm2 pour le chêne et le hêtre);

· compression parallèle aux fibres (80kg/cm2 pour les résineux, 100kg/cm2 pour le chêne et le hêtre);

· compression perpendiculaire aux fibres (20kg/cm2 pour les résineux, 40kg/cm2 pour le chêne et le hêtre);

· flexion simple (90kg/cm2 pour les résineux, 110kg/cm2 pour le chêne et le hêtre);

· cisaillement parallèle aux fibres (12kg/cm2 pour les résineux, 20kg/cm2 pour le chêne et le hêtre).

(source Les Affiches-Moniteur, 1978)

 

Matériau: traitement "à coeur" du bois.

* S’il est vrai qu’un traitement "à coeur" ne peut être obtenu que par autoclave vide et pression, il ne suffit pas pour autant d’utiliser un tel matériel pour obtenir systématiquement un tel traitement. Le résultat va dépendre d’un facteur essentiel: le bois, et notamment de sa nature et de son essence.

On distingue trois cas de figure:

· les essences à aubier et coeur non différencié, parfaitement imprégnables. C’est le cas de l’aulne, du charme, du hêtre, du tilleul, du marronnier, et de quelques bois exotiques;

· les essences à aubier distinct et bien imprégnable. Dans ce cas, le coeur est peu ou pas imprégnable et le traitement ne sera qu’un traitement "jusqu’au coeur". Cependant, si le coeur présente une durabilité naturelle correcte le résultat global sera bon; il sera même excellent si l’aubier entoure complètement le coeur. La meilleure essence de ce type est le pin, particulièrement les jeunes tiges qui sont composées exclusivement d’aubier - le coeur n’étant pas encore formé - et pour lesquelles on peut effectivement parler de traitement à coeur;

· les essences à aubier peu imprégnable. Dans ce cas, la protection conférée ne peut être que périphérique quel que soit le procédé de traitement utilisé. De plus, le coeur est pratiquement toujours non différencié et peu durable naturellement. On trouve notamment parmi ces essences les sapins-épicéas qui ne peuvent donner lieu , sans préparation mécanique préalable, à aucun traitement à imprégnation profonde - même s’il est vrai que le sapin (abies) se comporte à cet égard un peu mieux que l’épicéa - et encore moins à un traitement à coeur.

Cela pose le problème de l’adéquation des essences aux divers emplois du bois, en fonction de leur durabilité naturelle et/ou de leur aptitude à recevoir un traitement de préservation pour des performances déterminées (objet de la norme EN 350).

Il est préférable d’éviter le terme de traitement "à coeur" pour ne pas donner lieu à des confusions qui génèrent des litiges. D’autant qu’un traitement de qualité ne signifie pas nécessairement traitement à coeur et/ou traitement en autoclave. La seule démarche qui peut garantir au consommateur final la conformité de la livraison aux besoins réels exprimés, en accord avec l’esprit de la Directive Construction CEE 89/106, est de prescrire et d’effectuer un traitement de référence aux classes de risques normalisées par la norme NF B50-100.

(source CTBA, NOV 92)

* Les classes de risques biologiques (norme EN 335/NF B50-100) définissent des situations d’emploi du bois, mais ne précisent aucune durée de service.

Un produit est validé par une valeur critique - qui détermine la quantité de produit à laquelle il est efficace - issue de la norme EN 599 (c’est l’objet, entre autres de la certification CTB P+).

La relation entre la zone traitée et la zone à risque (i.e. la zone humidifiable dans le cas des bois utilisés en extérieur) est fondamentale; c’est là où l’imprégnabilité de l’essence en question est incontournable.

La norme de spécifications de traitement par classe de risque NF B50-105-3 (Durabilité du bois et de ses dérivés/Bois massif traité avec des produits de préservation/Performances adaptées en France métropolitaine et attestation de traitement) définit à la fois le ou les traitements convenant pour chaque classe de risque et les moyens objectifs d’en vérifier la conformité: spécifications en termes de niveau de pénétration et de rétention en produit. Ces spécifications minimales permettent une durée de service conforme à l’attente du consommateur, qu’il s’agisse d’essences imprégnable ou d’essences réfractaires, selon la classification de la norme EN 350.

La norme EN 599 fixe les spécifications des produits et leurs valeurs critiques par classe de risque.

Dans ce contexte, comment se situe l’épicéa et quelles sont les exigences correspondantes? Ce n’est pas faire preuve de partialité ou de discrimination que de constater que l’épicéa s’imprègne très mal, sauf dans quelques cas particuliers.

Même avec un traitement par autoclave vide et pression (procédé Bethell), avec des cycles de pression de plusieurs heures, la pénétration transversale ne dépasse pas 5 à 10mm dans le meilleurs des cas. L’aubier se comporte un peu moins mal que le bois parfait, mais comme il n’est pas différencié, il est impossible à localiser.

Pour ce type d’essence réfractaire, les exigences normalisées sont définies par la norme NF B50-105-3. Ainsi, la conformité à la classe 4 n’est pas accessible aux pièces équarries, puisqu’il est impossible d’obtenir 20mm de pénétration transversale, même en autoclave. En pratique, la performance maximale atteinte est la classe 3 avec le niveau P5 (pénétration transversale de 6mm et axiale de 50mm), en prenant les précautions suivantes:

· aucune coupe ni usinage ne pourra être réalisé après le traitement, car un retraitement par badigeonnage, ou même par pulvérisation, ne pourra jamais permettre d’obtenir le niveau P5;

· la conception et la réalisation de l’ouvrage ne doivent pas permettre une humidification du bois significativement supérieure à la profondeur de la protection.

Il y a surtout deux situations générales de classe 3 qui nécessitent d’être prudent dans l’évaluation réelle des risques. Il s’agit des tous les bois horizontaux - particulièrement en fortes sections - qui avec les risques de stagnation d’eau et de fentes relèvent plus fréquemment de la classe 4 que de la classe 3. Et, des assemblages exposés aux intempéries ou au ruissellement, qui dès que le drainage devient insuffisant se retrouvent systématiquement dans une situation de classe 4.

Le sapin (abies) se comporte moins mal en matière d’imprégnabilité que l’épicéa, notamment au niveau de son aubier que la norme EN 350 classe moyennement imprégnable (avec variabilité). De ce fait, notamment avec des bois ronds relativement jeunes - comportant une large couronne d’aubier - , on arrive très souvent à satisfaire l’exigence de 20mm et à accéder ainsi à la conformité à la classe 4. Mais cet avantage doit être tempéré pour deux raisons:

· la variabilité de l’imprégnabilité de l’aubier pose des problèmes de répétabilité dans le cadran d’un cercle de qualité;

· l’imprégnateur, à défaut d’une traçabilité rigoureuse des bois, ne peut obtenir une garantie formelle sur la provenance et la nature de l’essence.

Enfin, la confusion possible entre les débits en sapin et en épicéa est la raison essentielle de l’apparente bonne imprégnabilité de certains épicéas: on a traité, sans le savoir, du sapin et non de l’épicéa!

(source CTBA, JUL 98)

 

Matériau: le savez-vous?

* Les premiers charpentiers du Moyen-Age construisaient aussi bien les parties fixes de la maison, que ses parties mobiles (portes, fenêtres, etc.) et ses meubles.

Mais, à la faveur des divisions du travail, certains cessèrent de travailler les charpentes pour se consacrer uniquement à la fabricaton des pièces de plus petite taille en ²menu bois²; ainsi le nom de menuisier leur fut donné.

Puis, vers le milieu du XVIIe siècle certains menuisiers se spécialisèrent dans l’application, sur les bâtis des meubles, de minces feuilles de bois décoratif, et notamment de placage d’ébène; d’où naquit le nom d’ébéniste.

 

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