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L'Alsace possède une longue tradition forestière qui est à l'origine de son équilibre actuel (qualité et activité de transformation). La forêt couvre 38 % du territoire régional et joue un rôle multifonctionnel.
Une gestion durable de ce patrimoine permet aujourd'hui à la filière forêt-bois alsacienne de s'engager dans la certification des ses forêts.

La certification de type P.E.F.C. (Pan European Forest Certification) repose sur les 6 critères définis par les différents gouvernements présents aux conférences de Helsinski (1994) et de Lisbonne (1997) :

  • un processus de concertation;
  • une référence ( la définition de la gestion durable et les critères d'Helsinski);
  • une amélioration continue;
  • une démarche volontaire;
  • une prise en compte de la structure de la propriété forestière ;
  • un mécanisme de certification à niveau régional ;
  • un processus de certification qui implique le respect d'un référentiel par l'intervention d'organismes indépendants et accrédités par le COFRAC, ainsi que le recours à des normes reconnues (ISO 9000 et 14000).

Après une présentation de la P.E.F.C. par M. Badré (Directeur National Adjoint) lors du Bureau du 11 juillet 2000, les membres de Fibois Alsace ont décidé de mettre en place un programme de certification de la filière forêt bois alsacienne.

Ce programme comprend 3 étapes:

  1. La création d'une entité régionale P.E.F.C. Alsace.
  2. La certification ISO des organismes forestiers (en Alsace, la forêt est gérée à 80% par l'Office National des Forêts qui est cours de certification ISO).
  3. La mise en place d'une chaîne de contrôle des approvisionnements.

Pour en savoir plus: www.pefc.org
www.boisforet-info.com/espaceprofessionnel/gestiondurable

Le territoire français est occupé à 55% par l'agriculture, à 16% par le bâti et ses annexes, le solde soit 29% est occupé par les surfaces boisées (la forêt proprement dite représentant 92% de ces dernières).
Avec 136 essences d'arbres (hors bois exotique), c'est la forêt le plus diversifiée de l'UE. Sur 13,4Mha boisés inventoriés (hors peupleraies, parcs, plantations d'alignement, zones inaccessibles). Lles 2/3 de la surface sont occupés par des feuillus et le reste par les résineux (dont la part diminue depuis une vingtaine d'année).
En métropole, la forêt française couvre 29% du pays (15Mha) pour un volume de 1,9 milliard de m3. Au cours de cette dernière décennie la surface boisée a gagné 550.000ha et le volume de bois sur pied 244Mm3. Ainsi, la récolte annuelle de bois est inférieure à la production biologique de la forêt (+85Mm3/an). La superficie de la forêt française a doublée depuis le milieu du XIXe siècle, cette surface ne cesse de s'accroître, passant de 11Mha en 1945 à 16Mha en 1995. Ceci place la France au 3e rang européen derrière la Suède et la Finlande. Des landes et des terres de polyculture, dans les régions victimes de l'exode rural, se sont couvertes de boisements spontanés d'essences pionnières (pin, méléze, bouleau). Les départements métropolitains les plus boisés sont les Landes (61%), le Var (56%) et les Vosges (48%). Au sens large, c'est 60% du massif vosgien qui est recouvert de forêts (400 000ha composés pour 2/3 de résineux) et, à l'inverse de la tendance nationale, cet espace se partage entre 2/3 de forêts publiques et 1/3 de forêts privées.

Remarque: dans l'esprit du statisticien, une surface boisée est composée des bosquets, des petites parcelles inférieures à 0,5ha et des forêts.

Les deux grands types de forêt qui se disputent les paysage sont: · la forêt tempérée, composée majoritairement de feuillus dans les plaines océaniques, d'un mélange feuillus/résineux en plaine continentale, et d'une prédominance de résineux en montagne; · la forêt subtempérée (ou méditérranéenne), composée d'un mélange feuillus/résineux à feuilles persistantes (maquis et garrigue).

Le secteur de l'exploitation forestière compte 5.000 entreprises (contre 7.000 en 1980) dont 40% combine cette activité avec le sciage.

Le nombre de scieries est de 3.000, elles emploient 10% de l'effectif de la filière, sachant que seulement le 1/3 de ces entreprises ont 6 salariés et plus. De plus, 54% de la production est assurée par 10% des scieries.

Le capital forestier français a favorisé le développement d'une industrie de la machine pour le travail du bois et des industries de la transformation dont le CA dépasse 150 milliards de FrF.

Le bois trouve 4 grandes utilisations: · le bâtiment (50%); · le papier (20%); · l'emballage (20%); · l'ameublement et la décoration (10%).

La forêt française est riche de 1,9 milliard de m3 de bois sur pied. Elle produit 80Mm3 de bois par an (4% de croissance naturelle) dont 60% provient des feuillus. La sylviculture tire ses ressources financières de la consommation des arbres qu'elle produit.
La culture forestière permet un développement harmonieux des toutes les essences; sans elle la forêt est livrée à "la loi de la jungle" et se meurt.
Depuis la loi Pisani de 1963, les propriétaires privés de plus de 25ha doivent déposer un plan de gestion au conseil d'administration du CRPF (Centre Régional de la Propriété Forestière). La forêt française est à 70% (soit 10Mha) des propriétés privées (appartenant à près de 3,8M de personnes physiques), à 18% des collectivité locales (près de 11.000 communes, essentiellement dans l'est du pays) et à 12% propriété de l'État (1.514 forêts, essentiellement dans la nord du pays).
Les forêts publiques domaniales ou les forêts communales appelées "forêts soumises" sont gérées par le Code forestier. C'est l'ONF (Office National des Forêts), établissement public à caractère industriel et commercial qui gère ces 4,4Mha de forêt (dont 3,6Mha de forêt productives) en métropole. La gestion de l'ONF répond à plusieurs objectifs: · la préservation de l'environnement; · la diversité des paysages; · les besoins d'acceuil et de récréation d'un public de plus en plus urbain; · l'approvisionnement en matière première de la filière bois. L'aménagement forestier, sorte de guide de gestion, permet de fixer les grands objectifs en tenant compte de de l'approvisionnement régulier de la filière bois, ainsi que des besoins des propriétaires forestiers et de l'environnement.

La France est le 3e plus grand pays forestier de l'UE derrière la Suède et la Finlande. Si l'UE ne représente que 2,8% de la surface mondiale en forêts denses, elle fournit 15% de la production mondiale de bois et compte pour 20% dans la consommation; toutefois, la consommation européenne par habitant reste 2 fois inférieure celle constatée en amérique. Difficultés d'accès, respect des sites, etc., la forêt française n'est pas entièrement exploitée.
Chaque année, 47Mm3 de bois sont récoltés pour les besoins économiques et, au nombre de ceux-ci, on trouve 12Mm3 non commercialisés qui sont destinés à l'autoconsommation.
La productivité globale de l'exploitation forestière française est passée de 800m3/homme/an en 1974 à 1.600m3 en 1989, mais les spécificités de la forêt française sont autant de facteurs qui contribuent à la placer loin derrière ses concurrents nordiques; ainsi, la France reste déficitaire pour les sciages résineux utilisés pour 60% dans le bâtiment.
La filière forêt-bois génère de nombreux emplois directs et indirects, principalement dans des zones rurales de montagne. Sylviculteurs, exploitants forestiers, transporteurs, transformateurs, entrepreneurs et artisans du bâtiment, professionnels du tourisme, etc, se sont 90.000 entreprises pour 500.000 personnes (2,5% de la population active) qui travaillent de la forêt, ce qui est plus de monde que dans la sidérurgie, ou l'automobile.

En 1980 on pouvait dénombrer 148 scieries dans la région Alsace, en 1986 elles étaient encore 121, en 1996 il en restait 97, aujourd'hui à peine 90. Quand sera t-il demain?

Premier matériau de construction dans l'histoire des hommes, le bois occuperait sans aucun doute en France une plus large position dans le Bâtiment et les Travaux Publics (BTP) si l'industrie naissante du XIXe siècle n'avait, dans sa quête d'énergie, fait disparaître les forêts proches des agglomérations. À cette difficulté d'approvisionnement en bois de construction s'est ajoutée, en 1914-1918 la disparition de 80% des charpentiers, mobilisés en première ligne pour consolider les tranchées.
Le coup de grâce a été porté durant la seconde guerre mondiale, où employé pour les baraquements, le bois a davantage été perçu comme une solution provisoire. Cet ensemble de raison explique l'a priori négatif ou la crainte que les gens peuvent avoir vis-à-vis de ce matériau.

La scierie française (d'après une étude réalisée par M. Chalayer "www.editions-harmattan.fr"): le véritable essor du sciage en France date de la fin du XIXe siècle avec l'avènement de l'industrie métallurgique venu d'outre-Manche. Ensuite, comparés à d'auters secteurs industriels, le matériel et le métier ont longtemps stagné. Ce n'est que dans les années 70 et 80 - avec le développement de l'électronique et de l'informatique - qu'une véritable évolution des techniques, accompagnée de procédés innovants, est apparue.
C'est ainsi que ces dernières décennies a été introduit le concept d'optimisation dans l'industrie de première transformation du bois. La scierie, avant tout, fait partie de la filière bois. Elle s'intercale en interaction constante entre la forêt et la marché. Système a part entière, elle rassemble des facteurs de production (humains, financiers, techniques) autour d'un projet commun: la transformation du bois. Elle possède des acteurs répartis à la production, à la gestion et à la direction dans un système général qui consiste à produire des biens et des services. Elle est une entité particulière devant prendre en compte les contraintes environnementales: politiques, législatives, sociales, technico-économiques, naturelles...
De 10.000 scieries en 1967, le secteur s'est peu à peu concentré et compte aujourd'hui 3.000 unités pour 22.000 salariés et produit 10Mm3 de sciages par an, sans guère de variation depuis 25 ans. Il est vrai que, à la fin des trente glorieuses, le bâtiment offrait plus de 450.000 logements par an, alors qu'à présent il en offre péniblement moins de 300.000. Entre 1980 et 1992, la production de sciages, par salariés et par an, est passé de 377m3 à 457m3, malgré la fermeture de 30% des scieries et une dimunition de 14% de la masse salariale. On peut distinguer 3 types d'entreprises: · les petites scieries (moins de 1.000m3 par an de sciages), elles représentent 48% des entreprises et se partagent 6% de la production totale. Ce sont des microstructures, de 1 ou 2 personnes, implantées en zone rurale, qui offrent une panoplie diversifiée de services pour un marché de proximité (local); · les moyennes scieries (de 3.000 à 8.000m3 par an de sciages), elles représentent 44% du nombre de scieries et génèrent 47% de la production totale. Ces unités de 6 à 10 personnes, souples et adaptables, équipées de matériels polyvalents, fournissent les PME régionales du bâtiment et les négociants. Elles tentent aussi quelques expériences à l'exportation; · les grosses unités représentent 8% du nombre de scieries et se partagent 47% de la production totale. De type industriel, proches des grands axes de communication, au moins 20 personnes sont nécessaires à l'entreprise pour réaliser une production standardisée et normalisée, avec bien souvent une revalorisation spécifique à l'aval. Pour ce type de scierie le fonctionnement régional est largement dépassé, mais pas supprimé. Les dirigeants de ces exploitations ont des traits différents, mais pas diamétralement opposés et même souvent complémentaires. L'artisan est polyvalent, il reste avant tout un homme de terrain libre de choisir ses produits et ses clients. Peu intéressé aux problèmes financiers et commerciaux (qu'il délègue volontiers à un proche), il voit son affaire comme un mode vie, autour d'un métier qu'il pense maîtriser. L'artisan de production se trouve confronté à des charges nombreuses qu'il maîtrise tant bien que mal (visiter les coupes, gérer la production, assurer le commercial, diriger les salariés...). Peu entouré de spécialistes, il doit aussi régler une bonne partie des problèmes inhérents au fonctionnement interne de la scierie (remplacement d'un opérateur, livraison, affûtage...). Par la force des choses, il est plutôt tourné vers la technicité. Cela ne lui déplaît d'ailleurs pas car, comme l'artisan qu'il a été dans son passé, c'est un homme de terrain plus que de bureau. De ce fait le commerce lui échappe, il maîtrise tant bien que mal ses achats et ses ventes, et gère la production dans l'urgence. Ainsi fragilisé, il est cruellement menacé par la scierie industrielle plus structurée. Le scieur industriel est avant tout celui qui s'est entouré de spécialistes. Sa force repose sur la délégation des responsabilités. Ses préoccupations majeures sont: gérer son affaire, avoir l'outil de production ad-hoc, superviser les achats et les ventes. Sa fonction l'oblige à être un animateur. Dans ce type de structure, les obstacles sont ceux issus du Taylorisme; c'est pourquoi, l'objectif du chef d'entreprise est de garder le contact avec ses salariés. Les 4 métiers du scieur sont: · le métier d'acheteur, i.e avoir la compétence d'approvisionner la scierie en temps et heure voulus, mais aussi être capable d'estimer des qualités et des volumes de bois et d'anticiper par visualisation des produits finis; · le métier de transformateur, développé et enrichi par le savoir-faire des générations antérieures, passe par la connaissance des coûts, de la productivité, du rendement, de la qualité, de la normalisation, du matériau, du matériel, de la sécurité et des conditions de travail; · le métier de vendeur, lequel fait appel au sens du contact, des relations humaines et des techniques modernes de vente (si l'artisan est encore en mesure d'offrir des services variés, l'artisan de production et l'industriel ferment plutôt leur portes aux artisans de proximité et au sciage à façon, pour s'ouvrir sur une véritable démarche commerciale d'envergure; · le métier d'organisateur-gestionnaire, qui est d'avoir une connaissance pointue des diverses fonctions de l'entreprise, une vision globale du métier avec ses contraintes intérieures et extérieures, un réseau informationnel opérant et efficace, un état de veille générant les bonnes décisions, une équipe compétente.

L'exploitation forestière et l'ONF en Alsace-Moselle (d'après Valérie Gachet et François Tritschler, ONF Alsace): en France, en règle générale, l'exploitation forestière est assurée par l'acheteur des bois; à lui d'employer bûcherons et débardeurs pour abattre et sortir les grumes des forêts. En Alsace-Moselle, pour des raisons d'habitudes séculaires, l'exploitation est assurée par le propriétaire forestier, les arbres sont vendus façonnés et débardés en bord de route: c'est l'exploitation en régie. L'ONF voit donc, dans ce cas, son rôle de gestionnaire prolongé par celui d'exploitant forestier. Par rapport à la vente sur pied, l'exploitation en régie permet de mettre sur le marché des lots de qualité homogène et de connaître précisemment les volumes ainsi que le prix de vente. Pour le vendeur, ce système présente 3 avantages: · une meilleure adaptation de l'offre, en façonnant les produits selon les utilisateurs, en triant les essences, etc; · une intervention rapide et efficace en cas de cataclysme (chablis, maladie parasitaire, etc.); · l'étalement des ventes sur toute l'année; alors que, dans le reste de la France on parle des grandes ventes d'automne et de printemps. Les acheteurs eux aussi y trouvent leur compte; ils sont assurés d'un approvisionnement régulier, sans nécessité de constituer des stocks, et peuvent se concentrer sur leur activité principale. L'exploitation en régie permet également une gestion plus fine de la forêt, avec une plus grande souplesse et la possibilité de rectifier le martelelage lors de l'exploitation (notamment en cas de force majeure). De plus, cela rend possible une véritable politique de gestion de la main-d'oeuvre (emplois stables en milieu rural, formation professionnelle, paie informatisée).

(Articles composés à partir de documents parus dans les publications suivantes:
Atouts, Le Bois National, Le Courrier Économique, La Tribune, Les Vosges, ...)

 

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