Pour en savoir plus: www.pefc.org
www.boisforet-info.com/espaceprofessionnel/gestiondurable
Le
territoire français est occupé à 55% par l'agriculture, à 16% par le
bâti et ses annexes, le solde soit 29% est occupé par les surfaces boisées
(la forêt proprement dite représentant 92% de ces dernières).
Avec 136 essences d'arbres (hors bois exotique), c'est la forêt le plus
diversifiée de l'UE. Sur 13,4Mha boisés inventoriés (hors peupleraies,
parcs, plantations d'alignement, zones inaccessibles). Lles 2/3 de la
surface sont occupés par des feuillus et le reste par les résineux (dont
la part diminue depuis une vingtaine d'année).
En métropole, la forêt française couvre 29% du pays (15Mha) pour un
volume de 1,9 milliard de m3. Au cours de cette dernière décennie la
surface boisée a gagné 550.000ha et le volume de bois sur pied 244Mm3.
Ainsi, la récolte annuelle de bois est inférieure à la production biologique
de la forêt (+85Mm3/an). La superficie de la forêt française a doublée
depuis le milieu du XIXe siècle, cette surface ne cesse de s'accroître,
passant de 11Mha en 1945 à 16Mha en 1995. Ceci place la France au 3e
rang européen derrière la Suède et la Finlande. Des landes et des terres
de polyculture, dans les régions victimes de l'exode rural, se sont
couvertes de boisements spontanés d'essences pionnières (pin, méléze,
bouleau). Les départements métropolitains les plus boisés sont les Landes
(61%), le Var (56%) et les Vosges (48%). Au sens large, c'est 60% du
massif vosgien qui est recouvert de forêts (400 000ha composés pour
2/3 de résineux) et, à l'inverse de la tendance nationale, cet espace
se partage entre 2/3 de forêts publiques et 1/3 de forêts privées.
Remarque: dans l'esprit du statisticien, une
surface boisée est composée des bosquets, des petites parcelles inférieures
à 0,5ha et des forêts.
Les deux grands types de forêt qui se disputent les
paysage sont: · la forêt tempérée, composée majoritairement de feuillus
dans les plaines océaniques, d'un mélange feuillus/résineux en plaine
continentale, et d'une prédominance de résineux en montagne; · la forêt
subtempérée (ou méditérranéenne), composée d'un mélange feuillus/résineux
à feuilles persistantes (maquis et garrigue).
Le
secteur de l'exploitation forestière compte 5.000 entreprises (contre
7.000 en 1980) dont 40% combine cette activité avec le sciage.
Le
nombre de scieries est de 3.000, elles emploient 10% de l'effectif de
la filière, sachant que seulement le 1/3 de ces entreprises ont 6 salariés
et plus. De plus, 54% de la production est assurée par 10% des scieries.
Le
capital forestier français a favorisé le développement d'une industrie
de la machine pour le travail du bois et des industries de la transformation
dont le CA dépasse 150 milliards de FrF.
Le
bois trouve 4 grandes utilisations: · le bâtiment (50%); · le papier
(20%); · l'emballage (20%); · l'ameublement et la décoration (10%).
La
forêt française est riche de 1,9 milliard de m3 de bois sur pied. Elle
produit 80Mm3 de bois par an (4% de croissance naturelle) dont 60% provient
des feuillus. La sylviculture tire ses ressources financières de la
consommation des arbres qu'elle produit.
La culture forestière permet un développement harmonieux des toutes
les essences; sans elle la forêt est livrée à "la loi de la jungle"
et se meurt.
Depuis la loi Pisani de 1963, les propriétaires privés de plus de 25ha
doivent déposer un plan de gestion au conseil d'administration du CRPF
(Centre Régional de la Propriété Forestière). La forêt française est
à 70% (soit 10Mha) des propriétés privées (appartenant à près de 3,8M
de personnes physiques), à 18% des collectivité locales (près de 11.000
communes, essentiellement dans l'est du pays) et à 12% propriété de
l'État (1.514 forêts, essentiellement dans la nord du pays).
Les forêts publiques domaniales ou les forêts communales appelées "forêts
soumises" sont gérées par le Code forestier. C'est l'ONF (Office
National des Forêts), établissement public à caractère industriel et
commercial qui gère ces 4,4Mha de forêt (dont 3,6Mha de forêt productives)
en métropole. La gestion de l'ONF répond à plusieurs objectifs: · la
préservation de l'environnement; · la diversité des paysages; · les
besoins d'acceuil et de récréation d'un public de plus en plus urbain;
· l'approvisionnement en matière première de la filière bois. L'aménagement
forestier, sorte de guide de gestion, permet de fixer les grands objectifs
en tenant compte de de l'approvisionnement régulier de la filière bois,
ainsi que des besoins des propriétaires forestiers et de l'environnement.
La
France est le 3e plus grand pays forestier de l'UE derrière la Suède
et la Finlande. Si l'UE ne représente que 2,8% de la surface mondiale
en forêts denses, elle fournit 15% de la production mondiale de bois
et compte pour 20% dans la consommation; toutefois, la consommation
européenne par habitant reste 2 fois inférieure celle constatée en amérique.
Difficultés d'accès, respect des sites, etc., la forêt française n'est
pas entièrement exploitée.
Chaque année, 47Mm3 de bois sont récoltés pour les besoins économiques
et, au nombre de ceux-ci, on trouve 12Mm3 non commercialisés qui sont
destinés à l'autoconsommation.
La productivité globale de l'exploitation forestière française est passée
de 800m3/homme/an en 1974 à 1.600m3 en 1989, mais les spécificités de
la forêt française sont autant de facteurs qui contribuent à la placer
loin derrière ses concurrents nordiques; ainsi, la France reste déficitaire
pour les sciages résineux utilisés pour 60% dans le bâtiment.
La filière forêt-bois génère de nombreux emplois directs et indirects,
principalement dans des zones rurales de montagne. Sylviculteurs, exploitants
forestiers, transporteurs, transformateurs, entrepreneurs et artisans
du bâtiment, professionnels du tourisme, etc, se sont 90.000 entreprises
pour 500.000 personnes (2,5% de la population active) qui travaillent
de la forêt, ce qui est plus de monde que dans la sidérurgie, ou l'automobile.
En
1980 on pouvait dénombrer 148 scieries dans la région Alsace, en 1986
elles étaient encore 121, en 1996 il en restait 97, aujourd'hui à peine
90. Quand sera t-il demain?
Premier
matériau de construction dans l'histoire des hommes, le bois occuperait
sans aucun doute en France une plus large position dans le Bâtiment
et les Travaux Publics (BTP) si l'industrie naissante du XIXe siècle
n'avait, dans sa quête d'énergie, fait disparaître les forêts proches
des agglomérations. À cette difficulté d'approvisionnement en bois de
construction s'est ajoutée, en 1914-1918 la disparition de 80% des charpentiers,
mobilisés en première ligne pour consolider les tranchées.
Le coup de grâce a été porté durant la seconde guerre mondiale, où employé
pour les baraquements, le bois a davantage été perçu comme une solution
provisoire. Cet ensemble de raison explique l'a priori négatif ou la
crainte que les gens peuvent avoir vis-à-vis de ce matériau.
La
scierie française (d'après une étude réalisée par M. Chalayer "www.editions-harmattan.fr"):
le véritable essor du sciage en France date de la fin du XIXe siècle
avec l'avènement de l'industrie métallurgique venu d'outre-Manche. Ensuite,
comparés à d'auters secteurs industriels, le matériel et le métier ont
longtemps stagné. Ce n'est que dans les années 70 et 80 - avec le développement
de l'électronique et de l'informatique - qu'une véritable évolution
des techniques, accompagnée de procédés innovants, est apparue.
C'est ainsi que ces dernières décennies a été introduit le concept d'optimisation
dans l'industrie de première transformation du bois. La scierie, avant
tout, fait partie de la filière bois. Elle s'intercale en interaction
constante entre la forêt et la marché. Système a part entière, elle
rassemble des facteurs de production (humains, financiers, techniques)
autour d'un projet commun: la transformation du bois. Elle possède des
acteurs répartis à la production, à la gestion et à la direction dans
un système général qui consiste à produire des biens et des services.
Elle est une entité particulière devant prendre en compte les contraintes
environnementales: politiques, législatives, sociales, technico-économiques,
naturelles...
De 10.000 scieries en 1967, le secteur s'est peu à peu concentré et
compte aujourd'hui 3.000 unités pour 22.000 salariés et produit 10Mm3
de sciages par an, sans guère de variation depuis 25 ans. Il est vrai
que, à la fin des trente glorieuses, le bâtiment offrait plus de 450.000
logements par an, alors qu'à présent il en offre péniblement moins de
300.000. Entre 1980 et 1992, la production de sciages, par salariés
et par an, est passé de 377m3 à 457m3, malgré la fermeture de 30% des
scieries et une dimunition de 14% de la masse salariale. On peut distinguer
3 types d'entreprises: · les petites scieries (moins de 1.000m3 par
an de sciages), elles représentent 48% des entreprises et se partagent
6% de la production totale. Ce sont des microstructures, de 1 ou 2 personnes,
implantées en zone rurale, qui offrent une panoplie diversifiée de services
pour un marché de proximité (local); · les moyennes scieries (de 3.000
à 8.000m3 par an de sciages), elles représentent 44% du nombre de scieries
et génèrent 47% de la production totale. Ces unités de 6 à 10 personnes,
souples et adaptables, équipées de matériels polyvalents, fournissent
les PME régionales du bâtiment et les négociants. Elles tentent aussi
quelques expériences à l'exportation; · les grosses unités représentent
8% du nombre de scieries et se partagent 47% de la production totale.
De type industriel, proches des grands axes de communication, au moins
20 personnes sont nécessaires à l'entreprise pour réaliser une production
standardisée et normalisée, avec bien souvent une revalorisation spécifique
à l'aval. Pour ce type de scierie le fonctionnement régional est largement
dépassé, mais pas supprimé. Les dirigeants de ces exploitations ont
des traits différents, mais pas diamétralement opposés et même souvent
complémentaires. L'artisan est polyvalent, il reste avant tout un homme
de terrain libre de choisir ses produits et ses clients. Peu intéressé
aux problèmes financiers et commerciaux (qu'il délègue volontiers à
un proche), il voit son affaire comme un mode vie, autour d'un métier
qu'il pense maîtriser. L'artisan de production se trouve confronté à
des charges nombreuses qu'il maîtrise tant bien que mal (visiter les
coupes, gérer la production, assurer le commercial, diriger les salariés...).
Peu entouré de spécialistes, il doit aussi régler une bonne partie des
problèmes inhérents au fonctionnement interne de la scierie (remplacement
d'un opérateur, livraison, affûtage...). Par la force des choses, il
est plutôt tourné vers la technicité. Cela ne lui déplaît d'ailleurs
pas car, comme l'artisan qu'il a été dans son passé, c'est un homme
de terrain plus que de bureau. De ce fait le commerce lui échappe, il
maîtrise tant bien que mal ses achats et ses ventes, et gère la production
dans l'urgence. Ainsi fragilisé, il est cruellement menacé par la scierie
industrielle plus structurée. Le scieur industriel est avant tout celui
qui s'est entouré de spécialistes. Sa force repose sur la délégation
des responsabilités. Ses préoccupations majeures sont: gérer son affaire,
avoir l'outil de production ad-hoc, superviser les achats et les ventes.
Sa fonction l'oblige à être un animateur. Dans ce type de structure,
les obstacles sont ceux issus du Taylorisme; c'est pourquoi, l'objectif
du chef d'entreprise est de garder le contact avec ses salariés. Les
4 métiers du scieur sont: · le métier d'acheteur, i.e avoir la compétence
d'approvisionner la scierie en temps et heure voulus, mais aussi être
capable d'estimer des qualités et des volumes de bois et d'anticiper
par visualisation des produits finis; · le métier de transformateur,
développé et enrichi par le savoir-faire des générations antérieures,
passe par la connaissance des coûts, de la productivité, du rendement,
de la qualité, de la normalisation, du matériau, du matériel, de la
sécurité et des conditions de travail; · le métier de vendeur, lequel
fait appel au sens du contact, des relations humaines et des techniques
modernes de vente (si l'artisan est encore en mesure d'offrir des services
variés, l'artisan de production et l'industriel ferment plutôt leur
portes aux artisans de proximité et au sciage à façon, pour s'ouvrir
sur une véritable démarche commerciale d'envergure; · le métier d'organisateur-gestionnaire,
qui est d'avoir une connaissance pointue des diverses fonctions de l'entreprise,
une vision globale du métier avec ses contraintes intérieures et extérieures,
un réseau informationnel opérant et efficace, un état de veille générant
les bonnes décisions, une équipe compétente.
L'exploitation
forestière et l'ONF en Alsace-Moselle (d'après Valérie Gachet et François
Tritschler, ONF Alsace): en France, en règle générale, l'exploitation
forestière est assurée par l'acheteur des bois; à lui d'employer bûcherons
et débardeurs pour abattre et sortir les grumes des forêts. En Alsace-Moselle,
pour des raisons d'habitudes séculaires, l'exploitation est assurée
par le propriétaire forestier, les arbres sont vendus façonnés et débardés
en bord de route: c'est l'exploitation en régie. L'ONF voit donc, dans
ce cas, son rôle de gestionnaire prolongé par celui d'exploitant forestier.
Par rapport à la vente sur pied, l'exploitation en régie permet de mettre
sur le marché des lots de qualité homogène et de connaître précisemment
les volumes ainsi que le prix de vente. Pour le vendeur, ce système
présente 3 avantages: · une meilleure adaptation de l'offre, en façonnant
les produits selon les utilisateurs, en triant les essences, etc; ·
une intervention rapide et efficace en cas de cataclysme (chablis, maladie
parasitaire, etc.); · l'étalement des ventes sur toute l'année; alors
que, dans le reste de la France on parle des grandes ventes d'automne
et de printemps. Les acheteurs eux aussi y trouvent leur compte; ils
sont assurés d'un approvisionnement régulier, sans nécessité de constituer
des stocks, et peuvent se concentrer sur leur activité principale. L'exploitation
en régie permet également une gestion plus fine de la forêt, avec une
plus grande souplesse et la possibilité de rectifier le martelelage
lors de l'exploitation (notamment en cas de force majeure). De plus,
cela rend possible une véritable politique de gestion de la main-d'oeuvre
(emplois stables en milieu rural, formation professionnelle, paie informatisée).
(Articles
composés à partir de documents parus dans les publications suivantes:
Atouts, Le Bois National, Le Courrier Économique, La Tribune, Les Vosges,
...)
